Affichage des articles dont le libellé est sayonara. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sayonara. Afficher tous les articles

mercredi 13 juin 2012

Printemps Hiver






J'essaie de vous donner régulièrement des informations fraîches de Manabe depuis mon premier voyage, souvent sous la forme de parcours-devinettes ou de mises à jour de la carte.
Mais les dernières nouvelles que j'ai reçues n'ont rien de la légèreté habituelle, car j'ai appris la mort de Reizon san et d'Ikkyu san.
Pour ceux qui n'ont pas lu mon livre, j'avais surnommé Reizo san "le disque dur de l'île" pour son insondable mémoire et parce qu'il était l'un des plus anciens habitants de Manabe.
Ikkyu san est la personne qui m'a fait découvrir le Shochu ( alcool de patate douce, mais lui préférait la version blé ) à 15h de l'après midi ou à 11h du matin. Sans lui je serais sans doute mort de faim, et n'aurais jamais rencontré Hachiman sama. Il m'a baptisé d'ailleurs.
Je me rends compte maintenant des choix de vie très opposés qu'ont adoptés les deux personnages. Le premier, d'une discipline toute japonaise, en constante activité et recopiant inlassablement des centaines de feuilles de prières. Le second, oisif, moine alcoolique à ses heures perdues, recherchant toujours la compagnie en l'engueulant. Tous deux d'une grande générosité, une précision qui me semble presque futile.
J'ose à peine imaginer le vide glacial que ces deux disparitions ont laissé sur place. Ils étaient deux grandes figures locales.
La première image est celle du gros et vieil arbre ( d'origine portugaise ) fièrement dressé devant la maison-musée de Reizo san.
La deuxième image est celle de l'entrée du boui-boui d'Ikkyu san, avec en premier plan Maro, son chat, qui était lors de mon premier voyage sur l'île, le seul félin possédant réellement un propriétaire. Il ne se fera plus manger la tête maintenant.
Je me suis évidemment posé la question de la pertinence de vous faire partager cette annonce, mais elle ne me parait pas indécente. Et puis c'est la vie d'une île comme j'ai toujours pensé en rendre compte, même si je souhaite vous parler plus souvent de chemins introuvables, de nouvelles digues sur le port, de dorades éclatantes et de mantes religieuses.